Jouer contre un adversaire agressif

Ils sont très nombreux dans les débuts de freerolls et de tournois à faible mise d’entrée, ainsi que sur les tables où l’on joue des petites sommes. Ils sont également présents dans des tournois et des tables plus importants. On les reconnaît facilement grâce à leur tactique quasiment constante, qui peut énerver et déstabiliser un joueur débutant. En effet, ce dernier peut croire qu’un joueur agressif ne le laisse pas jouer… Que fait-il au juste, ce joueur agressif? On pourrait le caractériser par le comportement suivant:

  • Régulièrement, il mise et relance pre-flop.
  • Après le flop, il assure la continuation bet.
  • Il aime bien le check-raise.
  • Il n’hésite pas à faire tapis pour dissuader un joueur de le suivre et vole ainsi blindes.

En réalité, il n’y a aucune raison pour être déstabilisé. Ces joueurs, tout comme l’animal que j’ai choisi pour illustrer cet article, disposent d’un QI assez bas et sont parfaitement prévisibles. Leur tactique peut marcher pendant un petit moment (il n’est pas rare de les voir voler les blindes et remporter la majorité des pots pendant une vingtaine de mains), mais, généralement, ils finissent par tomber sur quelqu’un capable de les éliminer. Pourquoi pas vous ?

Pour contrer les agressifs, une valeur clé : la patience. En effet, il va falloir attendre le bon moment pour contre-attaquer. Pour ne pas perdre beaucoup de jetons en attendant ce bon moment (lire : une bonne main), il ne faut surtout pas céder à la pression de l’adversaire et de ne pas jouer son jeu, à savoir relancer à gogo. En attendant, il faut être très attentif et observer les mains de l’adversaire – est-ce qu’il y a des combinaisons qu’il privilégie ? Y a-t-il, au contraire, des mains où il ne suit pas ? Joue-t-il différemment s’il a une bonne ou une mauvaise main ? Etre en possession de ces éléments est très important pour être efficace le moment venu.

Enfin, une bonne main est arrivée, que faire ? Si l’adversaire joue (relance) avant vous, vous pouvez soit relancer directement, soit attendre le flop pour rétorquer. Utilisez la technique de check-raise contre lui. Si la main est vraiment bonne, faites tapis.

Si vous avez bien observé votre adversaire, vous avez de fortes chances de le voir sortir de la table sans un kopek. Il aura peut-être dominé le jeu pendant une heure, mais 2-3 contre-attaques suffisent largement pour le faire saigner. Le défaut le plus important de ces joueurs est leur prédictibilité – chacun est capable de prévoir leur prochain move avec 90% de certitude, ayant observé leur jeu pendant quelques dizaines de minutes. Faites attention à ne pas tomber dans la routine et devenir également un joueur type ! (par exemple, un joueur qui ne fait qu’attendre « pocket aces ») Il faut savoir qu’il existe des méthodes comme celle décrite ci-dessus pour chaque catégorie de joueurs…

Raise et Re-Raise pre-flop - pensez-y!

D’abord, définissons le concept – il s’agit des relances et des re-relances avant d’avoir vu le flop. Ces dernières semaines, j’ai essayé de voir comment mes gains évolueraient si je faisais plus souvent ce genre de relances et, à ma grande satisfaction, j’ai remarqué une progression positive nette. C’est pour cette raison que je voudrais partager les fondements de cette tactique avec vous, mes chers lecteurs.

Re-raise – oui, mais avec quoi?

Généralement, la majorité des joueurs vont relancer pre-flop en possession d’une grosse pocket paire, telle que AA, KK, QQ ou même les plus petites paires comme 77. Non seulement cette stratégie est plutôt lisible, mais il faut absolument considérer d’autres mains pour oser les relances. Personnellement, j’ai tendance à relancer avec les combinaisons telles que Q+/8+, surtout si les cartes sont de même couleur. Exemples : K10, Q9, AJ… Cependant, je limite mes relances avec les petites pocket paires, en d’autres mots avec tout ce qui est plut petit que JJ (je vous invite à lire cet article entièrement dédié à cette main).

…et ensuite?

Une fois que vous avez relancé, il est important de faire la continuation bet, c’est-à-dire miser quand le flop arrive. Cette mise, il faut la faire dans tous les cas, même si vous n’avez rien touché au flop. Quand le turn est dévoilé, par contre, à vous de voir comment jouer – si vous n’avez pas grand chose, il est souvent plus judicieux de se coucher.

Des exemples?

L’introduction ci-dessus est un peu abstraite et semble ne pas apporter beaucoup de matière. Cependant, avec les quelques exemples qui suivront vous allez comprendre pourquoi il est intéressant d’effectuer ces re-raises pre-flop.

Imaginons que vous avez K-10 et votre adversaire un paire de 9. Vous relancez 3 fois la mise pre-flop, il suit. Ensuite, trois possibilités sur le flop – soit vous touchez un K ou un 10, soit vous ne touchez rien, soit l’adversaire touche un 9. Dans les deux premiers cas, après une continuation bet, l’adversaire se couche. Dans le troisième cas, si l’adversaire relance, vous pouvez supposer qu’il a un brelan et dans ce cas-là il vaut mieux se coucher. L’idée que je veux transmettre ici c’est qu’en gros, vous gagnez 2 fois sur 3, ce qui est plutôt pas mal. Statistiquement, c’est exactement ce que j’avais constaté pendant les 2 semaines de test – en relançant pre-flop avec les mains répondant à des critères évoqués précédemment, je gagnais globalement 2 fois sur 3 quand le flop était ouvert, sans compter les fois où je volais les blindes pre-flop.

Les erreurs types d'un débutant

Dans un des articles précédents, nous avons étudié les faiblesses typiques d’un joueur de poker. Il s’agissait plus de faiblesses psychologiques que des erreurs dans le jeu; l’article d’aujourd’hui traitera les erreurs tactiques les plus répandues chez les débutants.

Absence de « continuation bet »

C’est sans doute l’erreur la plus courante – un joueur relance pre-flop, mise après le flop, mais soudain check quand le turn arrive. Quel est le message transmis par ce jeu? Il est très simple et parfaitement compréhensible par tout le monde – « j’avais une main correcte, j’attendais un set dans le flop et dans le turn, mais je n’ai rien eu ». Réaction de l’adversaire? Bet! Et là, le débutant se couche, laissant tout le pot à l’adversaire…
Conclusion: la continuation bet (ou c-bet) est absolument nécessaire.

All-in avec une pocket paire

Beaucoup de joueurs se précipitent de faire tapis lorsqu’ils trouvent une paire dans leur main. Généralement, il s’agit des dames, des rois ou des as (d’ailleurs, on conseille la lecture de l’article « Comment jouer une paire de valets?« ) – et ce, quelle que soit sa situation. Cette mesure peut être justifiée lorsque l’on se trouve dans une position délicate, mais si cette dernière est confortable on court directement à l’élimination puisque les chances de gagner ne sont pas si grands.
Conclusion: lorsque vous trouvez une pocket paire (et cela n’arrive pas très souvent!), jouez-la bien!

Attente de LA bonne carte

Encore un classique – ne rien faire tant qu’on n’a pas une bonne combinaison. Ce type de joueur ne rentre dans le jeu qu’en ayant une grande main, sinon c’est du fold direct (insta-fold). Non seulement il peut arriver que cette sacrée carte ne viendra jamais, mais en plus ce genre de jeu est très lisible par les autres joueurs – on risque de se contenter des blinds, ayant un carré de rois. Frustrant…
Conclusion: le poker est un jeu actif, l’attente passive ne paie pas.

Peur de la big blind

Très souvent, les joueurs ont tendance de jouer très serré lorsqu’ils sont sur la big blind. Mais pourquoi donc?! Au contraire, la marge de manoeuvre est plus grande puisque vous pouvez voir ce que font les autres. Pourquoi se plier face à une moindre relance?
Conclusion: big blind n’est pas une position désavantageuse, bien au contraire.

Nous avons ainsi couvert toutes les erreurs types dans le jeu d’un débutant, tant psychologiques que tactiques. Bonne chance à la table!

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