Les différents types de joueurs et comment les surpasser

En observant les gens pendant les vrais tournois et aussi (mais dans une moindre mesure) en ligne, j’ai essayé de classer les différents types de joueurs en fonction de leur comportement, de leurs forces et leurs faiblesses. Pour chaque type, je vous donne également quelques conseils qui vous permettront d’être plus efficace en jouant contre eux.

Les « réfléchis »

Ceux-là passent leur temps à analyser la table et les autres joueurs. Ils ont lu pas mal de littérature sur le sujet, pensent avoir un QI bien supérieur à la moyenne et sont persuadés qu’avec une méthode rigoureuse ils peuvent être gagnants à moyen-long terme. Le problème c’est que ce sont des joueurs occasionnels et il leur manque donc l’expérience. Ils vont essayer d’appliquer les différentes techniques que l’on peut trouver dans les livres et sur Internet, mais les résultats sont généralement moyennement rassurants.

Comportement : plutôt prudents dans leur jeu, les « réfléchis » misent lorsqu’ils ont une belle main et préfèrent checker pour voir les cartes. Puisqu’ils ont beaucoup lu, attendez-vous à quelques bluffs de temps en temps pour « casser la routine » et « ne pas permettre aux autres joueurs de lire jeur jeu ».

Comment jouer contre eux : les « réfléchis » n’aiment pas les joueurs agressifs. Le meilleur moyen de s’en débarasser est de miser et de relancer. Bien sûr, à consommer avec modération et en cas de main correcte.

Les « bornés »

C’est mon type de joueur préféré, le plus simple à détecter et le plus facile à battre. Il existe deux types de « bornés » – les « bornés miseurs » et les « bornés calleurs ».

Comportement et comment jouer contre eux : les « bornés misuers » sont des joueurs très agressifs qui misent et relancent dans toute situation. Ils peuvent paraître difficiles à gérer, mais en réalité ne présentent pas beaucoup de complications. Il suffit juste de les suivre si vous avez une main correcte et d’éviter le conflit frontal si vous n’avez pas grand chose. Le bluff est inefficace contre eux. Je vous conseille également de lire l’article intitulé « jouer contre un adversaire agressif? ».
En ce qui concerne les « bornés calleurs », en début de round ou au turn ils décident si leur main mérite d’aller jusqu’au bout ou pas. Si c’est le cas, ils vont suivre toutes vos mises, sinon c’est check/fold. Encore une fois, ici le bluff ne servira à rien et assurez-vous que votre main peut au moins battre une paire de valets.

Les « frimeurs »

Les « frimeurs » vont chercher à attirer l’attention sur leur jeu. Je ne comprends pas très bien pourquoi, mais ces gens ne veulent faire que des « coups du siècle » ; la routine ne les intéresse pas. Bien qu’au final ils sont généralement perdants, ce sont ces gens-là qui peuvent vous coûter pas mal de nerfs, puisque ce sont eux qui sont capables de vous montrer un carré de 8 quand vous faites tapis avec un full-house. Le seul moyen de leur résister est de garder son calme et ne pas se laisser entraîner dans leur jeu.

Les « pros »

Si les trois premières catégories concernent en très grande majorité les amateurs, il ne faut pas oublier la présence de vrais pros aux différentes tables. Ce sont les joueurs qui passent beaucoup de temps, tous les jours, dans les playing rooms et disposent d’une expérience non négligeable dans l’art du poker.

Comportement : il est difficile de dégager un comportement typique pour les « pros », étant donné qu’ils ont tous un background différent. Cependant, je suis persuadé que leur expérience les oblige en quelque sorte de respecter certains codes et c’est là que se situe leur point faible.

Comment jouer contre eux : comme dit précédemment, les « pros » respectent certains codes et il est possible de détecter les grandes lignes de leur comportement. Comment se comportent-ils en possession de pocket pairs ? Quelle est leur réaction face aux joueurs agressifs ou, au contraire, timides ? En passant du temps à leur table, il est possible de décrypter certaines choses, ce qui vous permettra d’être plus efficace face à eux.

Les choses à garder en tête pendant le jeu

Au poker, les débutants jouent contre les cartes, alors que les pros jouent contre leurs adversaires. Je m’explique : très souvent, les joueurs, surtout ceux qui commencent, se concentrent sur leurs mains et sur les cartes présentes sur la table. Ils s’excitent quand ils touchent une combinaison qui leur paraît importante. Les blindes, les relances, les all-in sont secondaires. Or, ce type de jeu n’inclut qu’une partie du poker. Il est certes suffisant pour être plus ou moins compétitif, mais pour atteindre un autre niveau, il faut intégrer d’autres données dans son jeu.

Nombre d’adversaires

Premièrement, le nombre d’adversaires est très important. Cela englobe le nombre de joueurs à une table à un moment donné, mais également le nombre de joueurs ayant suivi pre-flop. Pourquoi est-ce important ? D’abord, quelle est la différence entre jouer à une table de 4 (peu d’adversaires – short-handed) et une table de 8 (beaucoup d’adversaires – full-ring) ? Pour celui qui joue contre les cartes, aucune. Cependant, un bon joueur saura que certaines mains ont plus ou moins de valeur selon le nombre de joueurs à une table. Par exemple, les mains hautes (A/K + X) ont plus de valeur en poker short-handed, tandis que les mains « à tirage » (celles avec lesquelles on peut espérer toucher une suite ou une couleur) en ont moins. D’ailleurs, cela mérite peut-être un article dédié…

L’image des adversaires

Un joueur intelligent est un joueur qui observe et qui prend des notes. Au bout d’une dizaine de mains, il peut ainsi évaluer l’agressivité d’un joueur et formuler une hypothèse sur sa main en fonction de son comportement. Il suffit ensuite d’adapter son propre jeu à cette hypothèse pour augmenter significativement ses chances de succès.

Votre propre image

Bien évidemment, les adversaires ne dorment pas et vous observent également. Ils essaient de vous coller une étiquette, il faut en profiter. Au moment opportun, changez brusquement de tactique pour surprendre vos adversaires. A utiliser avec modération.

La taille du pot

…comparativement à la taille de votre tapis. Calculez combien cela va vous coûter pour suivre et combien vous pouvez espérer en tirer. Un petit calcul de probabilités s’impose. Pensez également au concept du M.

Anticipez les cartes qui vont sortir

Réfléchissez à ce que vous allez faire si telle ou telle carte sort au flop / turn / river. Cela peut être bénéfique pour 2 raisons : d’une part, vous pourrez savoir si ça vaut le coup de suivre dès le début et, d’autre part, votre temps de réflexion sera uniforme et vous ne trahirez pas votre intention.

Jouer contre un adversaire agressif

Ils sont très nombreux dans les débuts de freerolls et de tournois à faible mise d’entrée, ainsi que sur les tables où l’on joue des petites sommes. Ils sont également présents dans des tournois et des tables plus importants. On les reconnaît facilement grâce à leur tactique quasiment constante, qui peut énerver et déstabiliser un joueur débutant. En effet, ce dernier peut croire qu’un joueur agressif ne le laisse pas jouer… Que fait-il au juste, ce joueur agressif? On pourrait le caractériser par le comportement suivant:

  • Régulièrement, il mise et relance pre-flop.
  • Après le flop, il assure la continuation bet.
  • Il aime bien le check-raise.
  • Il n’hésite pas à faire tapis pour dissuader un joueur de le suivre et vole ainsi blindes.

En réalité, il n’y a aucune raison pour être déstabilisé. Ces joueurs, tout comme l’animal que j’ai choisi pour illustrer cet article, disposent d’un QI assez bas et sont parfaitement prévisibles. Leur tactique peut marcher pendant un petit moment (il n’est pas rare de les voir voler les blindes et remporter la majorité des pots pendant une vingtaine de mains), mais, généralement, ils finissent par tomber sur quelqu’un capable de les éliminer. Pourquoi pas vous ?

Pour contrer les agressifs, une valeur clé : la patience. En effet, il va falloir attendre le bon moment pour contre-attaquer. Pour ne pas perdre beaucoup de jetons en attendant ce bon moment (lire : une bonne main), il ne faut surtout pas céder à la pression de l’adversaire et de ne pas jouer son jeu, à savoir relancer à gogo. En attendant, il faut être très attentif et observer les mains de l’adversaire – est-ce qu’il y a des combinaisons qu’il privilégie ? Y a-t-il, au contraire, des mains où il ne suit pas ? Joue-t-il différemment s’il a une bonne ou une mauvaise main ? Etre en possession de ces éléments est très important pour être efficace le moment venu.

Enfin, une bonne main est arrivée, que faire ? Si l’adversaire joue (relance) avant vous, vous pouvez soit relancer directement, soit attendre le flop pour rétorquer. Utilisez la technique de check-raise contre lui. Si la main est vraiment bonne, faites tapis.

Si vous avez bien observé votre adversaire, vous avez de fortes chances de le voir sortir de la table sans un kopek. Il aura peut-être dominé le jeu pendant une heure, mais 2-3 contre-attaques suffisent largement pour le faire saigner. Le défaut le plus important de ces joueurs est leur prédictibilité – chacun est capable de prévoir leur prochain move avec 90% de certitude, ayant observé leur jeu pendant quelques dizaines de minutes. Faites attention à ne pas tomber dans la routine et devenir également un joueur type ! (par exemple, un joueur qui ne fait qu’attendre « pocket aces ») Il faut savoir qu’il existe des méthodes comme celle décrite ci-dessus pour chaque catégorie de joueurs…

Les pires mains pour commencer

Nous savons tous que AA ou KK c’est plutôt bien comme main. Nous avons également vu comment jouer d’autres mains, telles que KJ ou JJ, qui peuvent paraître prometteuses mais avec lesquelles il faudra faire très attention. Le souci, c’est que souvent, pendant le jeu, on assiste à des périodes card-dead, lorsqu’il n’y a littéralement rien d’intéressant qui tombe. Dans ces situations-là, au bout d’un moment on est très tenté de jouer avec n’importe quoi, perdant la mise.

Cet article a pour objectif de recenser les pires mains possibles, celles avec lesquelles il y a vraiment peu de chances de l’emporter. Bien sûr, un full house pourra toujours sortir mais, soyons francs, les chances de cet évènement sont très limitées ; nous ne les prendrons pas en compte. Voici donc le palmarès :

Un 2 et un 6

Très, très moyen. Vous pouvez espérer toucher un straight (3, 4 et 5 au flop), mais il suffit qu’un adversaire ait un 7 pour vous battre. Sinon, ces deux cartes sont tout simplement trop petites pour battre quoi que ce soit.

Un 2 et un 7/8

C’est encore pire – pas de possibilité de straight cette fois-ci et, comme d’ailleurs dans le cas précédent, un flush n’est généralement pas gagnant s’il y a un autre joueur avec cette combinaison. Baptisée hummer, cette main est regardée comme la pire possible.

Un 2/3/4 et un 9

Un peu mieux, cependant, pas de quoi sauter au plafond. Pas de straight possible. Un 9 peut être battu par 10, J, Q, K, A… En plus, avec un tel kicker, vous avez peu de chances de gagner contre un heureux propriétaire d’une autre paire de 9.

Un 3 et un 7/8

Normalement, les seules mains que celle-là est capable de battre ont déjà été évoquées dans cet article… Passez votre chemin!

Voilà, ce sont les mains avec lesquelles je conseille de vous coucher tout de suite. Je ne les joue que très rarement, et ce, juste pour tromper les adversaires.

Dites non au checkAujourd’hui, on va le faire en mode short & sweet, une seule idée forte dans un article concis. Cet article s’adresse plus aux débutants, mais je suis quasiment certain que ceux d’entre vous qui se croient à un niveau intermédiaire trouveront ceci utile. Même si je classe cet article dans « stratégies », il s’agit plus d’une conviction, d’une règle qu’il vaut mieux toujours garder en tête.

Le check est un coup légitime dans le poker. Cependant, si vous comparez une table où la mise de base est de 10 centimes à des tournois internationaux, vous allez vite vous rendre compte que le pourcentage des checks est bien plus faible dans le second cas. Pourquoi? Parce que les forts ne checkent (presque) pas.

En effet, au lieu de se concentrer sur leurs propres cartes, ils jouent également les cartes de l’adversaire et c’est pour ça qu’ils sont bons puisque, on le sait, au poker on ne peut pas uniquement compter sur sa propre chance – elle est toujours sujette aux bad beats.

Maintenant, le temps des exemples et illustrations est venu, afin de vous prouver pourquoi il est préférable d’éviter au maximum les checks. Premier exemple : vous avez 10 carreaux et J piques. Le flop vient avec 9 piques, 3 carreaux et K trèfles. Il reste deux adversaires et vous êtes le dernier à jouer. Ils checkent. Check ou bet ? A priori, si vous checkez vous allez voir le turn gratuitement, donc c’est plutôt pas mal – mais là, vous réflechissez par rapport à vos cartes uniquement! Il y a de fortes chances que les adversaires pensent pareil – ils ont également envie de voir le turn gratuitement parce qu’ils n’ont rien touché jusque-là. On va les empêcher de le faire en misant entre le tiers et la moitié du pot. Croyez-moi, le gain moyen de cette stratégie est largement positif.

Dans le deuxième exemple, nous allons parler des fameux « pièges-check ». Ce move consiste à checker avec une forte main pour tromper l’adversaire et le laisser croire qu’il peut gagner le tour. Je ne remets pas en cause l’utilité de cette stratégie, mais elle mérite d’être nuancée. Personnellement, je pense qu’elle peut s’avérer utile à partir d’un certain niveau de main. Pour moi, elle n’est appliquable que si on a au moins une couleur. Je m’explique – en tendant ce piège, on laisse l’adversaire se constituer une main qui pourrait éventuellement battre la vôtre… Une chose qui m’est déjà arrivée – j’ai commencé avec des pocket aces (AA) et il y avait encore un as au flop. Au turn, j’ai checké (le piège) pour découvrir qu’à la river l’adversaire faisait tapis avec une couleur que je n’avais pas vue venir…

J’espère que j’ai réussi à vous convaincre que le check n’est pas le meilleur move possible. Bien sûr, il peut (et doit) être utilisé en tant qu’un instrument pour contrôler la taille du pot, mais il est à mon avis préférable d’être légèrement plus agressif.

Raise et Re-Raise pre-flop - pensez-y!

D’abord, définissons le concept – il s’agit des relances et des re-relances avant d’avoir vu le flop. Ces dernières semaines, j’ai essayé de voir comment mes gains évolueraient si je faisais plus souvent ce genre de relances et, à ma grande satisfaction, j’ai remarqué une progression positive nette. C’est pour cette raison que je voudrais partager les fondements de cette tactique avec vous, mes chers lecteurs.

Re-raise – oui, mais avec quoi?

Généralement, la majorité des joueurs vont relancer pre-flop en possession d’une grosse pocket paire, telle que AA, KK, QQ ou même les plus petites paires comme 77. Non seulement cette stratégie est plutôt lisible, mais il faut absolument considérer d’autres mains pour oser les relances. Personnellement, j’ai tendance à relancer avec les combinaisons telles que Q+/8+, surtout si les cartes sont de même couleur. Exemples : K10, Q9, AJ… Cependant, je limite mes relances avec les petites pocket paires, en d’autres mots avec tout ce qui est plut petit que JJ (je vous invite à lire cet article entièrement dédié à cette main).

…et ensuite?

Une fois que vous avez relancé, il est important de faire la continuation bet, c’est-à-dire miser quand le flop arrive. Cette mise, il faut la faire dans tous les cas, même si vous n’avez rien touché au flop. Quand le turn est dévoilé, par contre, à vous de voir comment jouer – si vous n’avez pas grand chose, il est souvent plus judicieux de se coucher.

Des exemples?

L’introduction ci-dessus est un peu abstraite et semble ne pas apporter beaucoup de matière. Cependant, avec les quelques exemples qui suivront vous allez comprendre pourquoi il est intéressant d’effectuer ces re-raises pre-flop.

Imaginons que vous avez K-10 et votre adversaire un paire de 9. Vous relancez 3 fois la mise pre-flop, il suit. Ensuite, trois possibilités sur le flop – soit vous touchez un K ou un 10, soit vous ne touchez rien, soit l’adversaire touche un 9. Dans les deux premiers cas, après une continuation bet, l’adversaire se couche. Dans le troisième cas, si l’adversaire relance, vous pouvez supposer qu’il a un brelan et dans ce cas-là il vaut mieux se coucher. L’idée que je veux transmettre ici c’est qu’en gros, vous gagnez 2 fois sur 3, ce qui est plutôt pas mal. Statistiquement, c’est exactement ce que j’avais constaté pendant les 2 semaines de test – en relançant pre-flop avec les mains répondant à des critères évoqués précédemment, je gagnais globalement 2 fois sur 3 quand le flop était ouvert, sans compter les fois où je volais les blindes pre-flop.

KJ - une main à ne pas surestimer

Un joueur peu expérimenté est plutôt content lorsqu’il touche King-Jack. Bien sûr, il s’agit de deux têtes quand même, et pas n’importe lesquelles! On attend ainsi le flop avec confiance, ayant souvent misé une quantité non négligeable. Malheureusement, souvent c’est la désillusion. Tout comme une paire de valets, c’est une main très difficile à jouer, qui requiert beaucoup de prudence.

Pourquoi est-ce une main faible? Les risques de tomber sur un as sont trop importants. En effet, en cas d’absence de moindre paire, c’est l’adversaire montrant un as qui l’emportera. Si l’adversaire n’a pas d’as, alors vos chances de gagner sont quasiment égaux. Grosso modo, les chances sont de 60/40 entre un joueur ayant un as dans sa main et un joueur ne l’ayant pas.

Cette main peut devenir très puissante en cas de la présence sur la table de trois cartes magiques: Q, 10 et A. Dans ce cas-là, rares sont ceux qui penseront que vous avez KJ en votre possession. Ils vont plutôt tabler sur des paires impliquant 10 et Q (voire A) et ainsi sous-estimeront considérablement votre jeu. C’est à ce moment là qu’il y a possibilité de toucher un jack-pot. Dans tous les autres cas, sauf évidence (K, K et J sur la table…), évitez de mises de grandes sommes.

Pour bien vous montrer l’exemple de gros dégâts qui peuvent être causés par cette main, je vous présente une vidéo assez drôle, où le célèbre Tony Guoga ridiculise Ralph Perry devant les autres joueurs et les spectateurs. Cette vidéo montre aussi très bien la pression verbale qu’un joueur est capable de mettre sur son adversaire. C’est impressionnant.

Implied Odds

Bienvenue pour la suite de notre série d’articles sur les différentes probabilités dans le jeu de poker. Avant de commencer cet opus sur les « implied odds », je dois vous prévenir que la maîtrise du concept des pot odds est indispensable pour comprendre ce qui va suivre (même si je m’efforcerai de l’expliquer le plus clairement possible).

Les pot odds sont frais dans votre mémoire? Très bien, on continue. En fait, en préparant cet article, je me suis rendu compte que les implied odds ou les cotes implicites ne sont pas difficiles en soi. Cependant, il s’agit de quelque chose assez complexe à expliquer, puisque cette fois-ci nous allons moins nous appuyer sur les mathématiques que sur notre intuition.

Ainsi, la structure de cet article sera comme suit: nous définirons les cotes implicites, en donnerons deux exemples puis concluerons avec une explication de ces exemples. On est parti?

On parle de cotes implicites lorsque, au moment de considérer les pot odds, on se projette dans le futur en intégrant des données difficilement chiffrables sur les gains éventuels.

Comme toute bonne définition, celle-ci doit être complétée par quelques exemples, qui nous montreront les deux facettes des cotes implicites.

Imaginons d’abord que nous avons 4 de coeurs et 4 de trèfles dans la main. Flop: R de carreaux, 10 de piques et 7 de coeurs. Il y a 70 € dans le pot et il reste 4 joueurs contre vous. Le premier mise 10 €, le deuxième suit et maintenant c’est à vous. Quels sont les pot odds? Pot odds = 10 / (70+10+10) = 11,1%. Quelle est la probabilité de toucher un out, en d’autres termes un 4 au turn? 2 / 47 = 4,3%. Mathématiquement, tout paraît très clair, n’est-ce pas? 11,1% est nettement supérieur à 4,3%, donc on va tranquillement se coucher. Cependant, imaginez que vous toucher ce foutu 4 au turn ou à la river. Dans ce cas-là, il y a sûrement moyen de gagner pas mal d’argent puisque les autres ne s’attendent pas à ce genre de main (il y en a un avec une paire de rois qui voudra miser gros, un autre avec une double paire, etc.). Du coup, ce raisonnement augmente la taille du pot potentiel et réduit les pot odds qui se rapprochent de la probabilité de toucher une bonne carte… Il est donc judicieux de jouer.

Un autre exemple, un peu caricatural. Nous avons 3 de trèfles et 7 de piques. Flop: 10 de trèfles, Q de piques, 2 de trèfles. Turn: J de trèfles. Il y a 150 € dans le pot et votre (seul) adversaire mise 35 €. Pot odds? 35 / 185 = 18,9%. Probabilité de toucher une couleur? 9 trèfles restants / 46 cartes restantes = 19,6%. 19,6% > 18,9%, bingo? Pas trop, non. En effet, si un autre trèfle sort, il y a de fortes chances que l’adversaire ait un trèfle plus fort que notre 3 minable. Par ailleurs, si l’adversaire n’a pas de trèfle et il y en a 4 sur la table, il aura tendance à limiter la casse et sortir du jeu, donc le pot potentiel n’augmentera pas. Ici, les cotes implicites jouent dans l’autre sens et nous incitent à abandonner le jeu.

Résumons un peu ce que l’on vient de voir. Pour que les cotes implicites augmentent l’espérance du gain, il faut avoir une main imprévisible dans un jeu où il y a beaucoup de joueurs, ayant chacun beaucoup d’argent et des mains potentiellement fortes mais moins fortes que la vôtre. Au contraire, les cotes implicitent diminuent l’espérance du gain s’il reste peu de joueurs, leurs stacks sont très limités et il y a présence sur la table d’une main qui bat la vôtre (par exemple 4 coeurs sur la table quand vous attendez une suite).

Pour utiliser le concept des pot odds avec succès, il faut observer et pouvoir prédire le comportement des adversaires, ne pas être trop optimiste et se servir de son intuition. J’espère que l’explication a été assez claire… Bon courage et à bientôt!

Pot Odds

La dernière fois, nous avons vu comment calculer les outs, c’est-à-dire les chances que l’on a de voir sortir les cartes qui améliorent considérablement notre jeu. Je vous préviens tout de suite que la maîtrise de ce concept est un pré-requis absolument nécessaire afin de comprendre et d’appliquer les pot odds.

D’abord, posons le cadre théorique: dans le concept des pot odds, que l’on peut traduire en français comme « ratio du coût du call sur la taille du pot », il s’agit d’abord de calculer ce ratio puis le comparer aux chances d’améliorer sa main, afin d’obtenir l’espérance du gain sur le long terme. Cela paraît compliqué, et dans certains cas c’est effectivement compliqué, mais si vous êtes dans le jeu pour longtemps, il va falloir apprendre ces pratiques.

Nous allons nous baser sur le même exemple: nous avons 3 et Q de trèfles. Flop: J de trèfles, 7 de coeurs, 6 de trèfles. Il y a 100 € dans le pot et l’adversaire mise 30 €. Doit-on suivre?

D’abord, calculons ce que l’on appelle les pot odds. Grosso modo, c’est le rapport entre le coût de suivre (30 €) et la taille totale du pot (100 € + 30 €). Ce qui fait, dans notre exemple, 30/130 = 23,1%. Or, nous l’avons déjà calculé, les chances de toucher une couleur avoisinent les 35%. Comparons les deux pourcentages – 35% > 23,1%, nous devons donc suivre, n’est-ce pas? Malheureusement, ce n’est pas si simple que cela. Nous avons complètement oublié qu’après le flop, nous allons de nouveau devoir miser pour suivre après la turn et après la river. C’est donc aux chances de toucher la couleur à la turn uniquement qu’il faut comparer les pot odds; dans notre exemple nous avons 19,5% de chances d’obtenir la couleur à la turn. Verdict : il vaut mieux se coucher.

Avant de finir, expliquons ce que ces chiffres signifient exactement. Nous avons : pot odds = 23,1%, chances d’améliorer le jeu = 19,5%, pot = 130 €, mise = 30 €. En français, ça donne : nous dépensons 30 euros pour participer à un jeu qui rapporte 130 euros, avec une chance de gagner de 19,5%, ce qui veut dire que l’on gagne en moyenne 25,35 euros. Puisque ce montant est inférieur à la mise de 30 euros, il s’agit là d’un jeu non profitable.

J’espère que j’ai pu rendre ce concept de pot odds un peu plus clair. Avant de clôturer ce post, une seule remarque : afin de maîtriser cette technique, il ne faut pas forcément être très fort en mathématiques. Une fois la logique comprise, tout viendra avec la pratique.

Les probabilités au poker

Certains disent que le poker est un jeu de chance mais, si on a suivi au moins quelques cours de mathématiques dans la vie on sait que pratiquement tout est modélisable mathématiquement. Notre jeu favori n’est pas une exception – à tout moment, il est possible de calculer les chances de gagner ou, si on veut être complètement rigoureux, les chances d’améliorer sa main. Cet article vous permettra de mieux cerner le calcul des probabilités dans le poker et avoir une première estimation de vos chances de gagner, qu’il faudra ensuite coupler avec la somme en jeu (concept des pot odds).

Une probabilité, par définition, est le rapport de tous les évènements favorables sur l’ensemble des évènements. C’est ce qu’on va apprendre à calculer aujourd’hui. Pour ce faire, on va prendre un exemple simple: imaginons que nous avons 3 et Q de trèfles. Flop: J de trèfles, 7 de coeurs, 6 de trèfles. Quelle est la probabilité d’avoir une couleur au turn? A la river? Au turn ou à la river? On dirait un énoncé d’un exercice de mathématiques de 1ère S, mais on est bel et bien dans un jeu de poker.

Premièrement, il nous faudra déterminer le nombre d’évènements favorables. Un évènement favorable, ici, est n’importe quel trèfle. Généralement, on ne considère pas les cartes qui améliorent notre jeu (on les appelle les outs) dans une moindre mesure, ici les Q ou les 3 – non seulement on n’est pas du tout sûr de gagner avec une paire de 3, mais cela complique considérablement les calculs. Un trèfle, donc. Il y a 13 trèfles au total dans le jeu, dont 2 dans notre main et 2 sur la table. Il en reste ainsi 9 qui peuvent théoriquement sortir. Le nombre total des cartes (attention, on ne comptabilise pas les cartes détenues par les adversaires) non-connues est égal à 52 – 2 (notre main) – 3 (flop) = 47. On en déduit la probabilité d’avoir un trèfle au turn: 9/47=19.1% de chances.

On fait pareil pour calculer la probabilité d’avoir un trèfle à la river si l’on n’en a pas eu un au turn: 9 (il reste toujours 9 trèfles) / 46 (la carte du turn est connue) = 19.5% de chances, on n’est pas beaucoup mieux. Maintenant, déterminons la probabilité d’avoir un trèfle au turn ou à la rivière. En creusant un peu la mémoire, on sort la propriété suivante: la probabilité d’une union est égale à la somme des probabilités moins la probabilité de l’intersection. Ce qui nous donne: probabilité d’avoir un trèfle au turn ou à la river = probabilité d’avoir un trèfle au turn + probabilité d’avoir un trèfle à la river – probabilité d’avoir un trèfle au turn et à la river. Numériquement: P = 9/47 + 9/46 – (9/47 * 9/46) = 35%. Voilà, en gros on a un peu plus d’un tiers de chances de toucher notre couleur. On exprime généralement cette probabilité sous forme de odds : 35% <=> 1/3 <=> 2:1 (en français – trente-cinq pour cent de chances de gagner, ce qui représente une chance sur trois de gagner, ce qui représente deux chances contre une).

Vous allez me dire, c’est bien beau mais je n’ai pas vraiment le temps de calculer tout ça dans le jeu et si je sors une calculatrice on risque de me regarder bizarrement ! Pas faux, mais il faut aussi savoir que les probabilités sont toujours les mêmes et il n’y a pas des centaines de cas possibles. Il s’agit tout simplement de les apprendre par coeur en pratiquant lors des tournois en ligne, par exemple. Vous allez voir que cela se retient très facilement. A vos calculettes donc, rendez-vous très bientôt pour voir comment utiliser ces probabilités dans la pratique!

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