KJ - une main à ne pas surestimer

Un joueur peu expérimenté est plutôt content lorsqu’il touche King-Jack. Bien sûr, il s’agit de deux têtes quand même, et pas n’importe lesquelles! On attend ainsi le flop avec confiance, ayant souvent misé une quantité non négligeable. Malheureusement, souvent c’est la désillusion. Tout comme une paire de valets, c’est une main très difficile à jouer, qui requiert beaucoup de prudence.

Pourquoi est-ce une main faible? Les risques de tomber sur un as sont trop importants. En effet, en cas d’absence de moindre paire, c’est l’adversaire montrant un as qui l’emportera. Si l’adversaire n’a pas d’as, alors vos chances de gagner sont quasiment égaux. Grosso modo, les chances sont de 60/40 entre un joueur ayant un as dans sa main et un joueur ne l’ayant pas.

Cette main peut devenir très puissante en cas de la présence sur la table de trois cartes magiques: Q, 10 et A. Dans ce cas-là, rares sont ceux qui penseront que vous avez KJ en votre possession. Ils vont plutôt tabler sur des paires impliquant 10 et Q (voire A) et ainsi sous-estimeront considérablement votre jeu. C’est à ce moment là qu’il y a possibilité de toucher un jack-pot. Dans tous les autres cas, sauf évidence (K, K et J sur la table…), évitez de mises de grandes sommes.

Pour bien vous montrer l’exemple de gros dégâts qui peuvent être causés par cette main, je vous présente une vidéo assez drôle, où le célèbre Tony Guoga ridiculise Ralph Perry devant les autres joueurs et les spectateurs. Cette vidéo montre aussi très bien la pression verbale qu’un joueur est capable de mettre sur son adversaire. C’est impressionnant.

Implied Odds

Bienvenue pour la suite de notre série d’articles sur les différentes probabilités dans le jeu de poker. Avant de commencer cet opus sur les « implied odds », je dois vous prévenir que la maîtrise du concept des pot odds est indispensable pour comprendre ce qui va suivre (même si je m’efforcerai de l’expliquer le plus clairement possible).

Les pot odds sont frais dans votre mémoire? Très bien, on continue. En fait, en préparant cet article, je me suis rendu compte que les implied odds ou les cotes implicites ne sont pas difficiles en soi. Cependant, il s’agit de quelque chose assez complexe à expliquer, puisque cette fois-ci nous allons moins nous appuyer sur les mathématiques que sur notre intuition.

Ainsi, la structure de cet article sera comme suit: nous définirons les cotes implicites, en donnerons deux exemples puis concluerons avec une explication de ces exemples. On est parti?

On parle de cotes implicites lorsque, au moment de considérer les pot odds, on se projette dans le futur en intégrant des données difficilement chiffrables sur les gains éventuels.

Comme toute bonne définition, celle-ci doit être complétée par quelques exemples, qui nous montreront les deux facettes des cotes implicites.

Imaginons d’abord que nous avons 4 de coeurs et 4 de trèfles dans la main. Flop: R de carreaux, 10 de piques et 7 de coeurs. Il y a 70 € dans le pot et il reste 4 joueurs contre vous. Le premier mise 10 €, le deuxième suit et maintenant c’est à vous. Quels sont les pot odds? Pot odds = 10 / (70+10+10) = 11,1%. Quelle est la probabilité de toucher un out, en d’autres termes un 4 au turn? 2 / 47 = 4,3%. Mathématiquement, tout paraît très clair, n’est-ce pas? 11,1% est nettement supérieur à 4,3%, donc on va tranquillement se coucher. Cependant, imaginez que vous toucher ce foutu 4 au turn ou à la river. Dans ce cas-là, il y a sûrement moyen de gagner pas mal d’argent puisque les autres ne s’attendent pas à ce genre de main (il y en a un avec une paire de rois qui voudra miser gros, un autre avec une double paire, etc.). Du coup, ce raisonnement augmente la taille du pot potentiel et réduit les pot odds qui se rapprochent de la probabilité de toucher une bonne carte… Il est donc judicieux de jouer.

Un autre exemple, un peu caricatural. Nous avons 3 de trèfles et 7 de piques. Flop: 10 de trèfles, Q de piques, 2 de trèfles. Turn: J de trèfles. Il y a 150 € dans le pot et votre (seul) adversaire mise 35 €. Pot odds? 35 / 185 = 18,9%. Probabilité de toucher une couleur? 9 trèfles restants / 46 cartes restantes = 19,6%. 19,6% > 18,9%, bingo? Pas trop, non. En effet, si un autre trèfle sort, il y a de fortes chances que l’adversaire ait un trèfle plus fort que notre 3 minable. Par ailleurs, si l’adversaire n’a pas de trèfle et il y en a 4 sur la table, il aura tendance à limiter la casse et sortir du jeu, donc le pot potentiel n’augmentera pas. Ici, les cotes implicites jouent dans l’autre sens et nous incitent à abandonner le jeu.

Résumons un peu ce que l’on vient de voir. Pour que les cotes implicites augmentent l’espérance du gain, il faut avoir une main imprévisible dans un jeu où il y a beaucoup de joueurs, ayant chacun beaucoup d’argent et des mains potentiellement fortes mais moins fortes que la vôtre. Au contraire, les cotes implicitent diminuent l’espérance du gain s’il reste peu de joueurs, leurs stacks sont très limités et il y a présence sur la table d’une main qui bat la vôtre (par exemple 4 coeurs sur la table quand vous attendez une suite).

Pour utiliser le concept des pot odds avec succès, il faut observer et pouvoir prédire le comportement des adversaires, ne pas être trop optimiste et se servir de son intuition. J’espère que l’explication a été assez claire… Bon courage et à bientôt!

Pot Odds

La dernière fois, nous avons vu comment calculer les outs, c’est-à-dire les chances que l’on a de voir sortir les cartes qui améliorent considérablement notre jeu. Je vous préviens tout de suite que la maîtrise de ce concept est un pré-requis absolument nécessaire afin de comprendre et d’appliquer les pot odds.

D’abord, posons le cadre théorique: dans le concept des pot odds, que l’on peut traduire en français comme « ratio du coût du call sur la taille du pot », il s’agit d’abord de calculer ce ratio puis le comparer aux chances d’améliorer sa main, afin d’obtenir l’espérance du gain sur le long terme. Cela paraît compliqué, et dans certains cas c’est effectivement compliqué, mais si vous êtes dans le jeu pour longtemps, il va falloir apprendre ces pratiques.

Nous allons nous baser sur le même exemple: nous avons 3 et Q de trèfles. Flop: J de trèfles, 7 de coeurs, 6 de trèfles. Il y a 100 € dans le pot et l’adversaire mise 30 €. Doit-on suivre?

D’abord, calculons ce que l’on appelle les pot odds. Grosso modo, c’est le rapport entre le coût de suivre (30 €) et la taille totale du pot (100 € + 30 €). Ce qui fait, dans notre exemple, 30/130 = 23,1%. Or, nous l’avons déjà calculé, les chances de toucher une couleur avoisinent les 35%. Comparons les deux pourcentages – 35% > 23,1%, nous devons donc suivre, n’est-ce pas? Malheureusement, ce n’est pas si simple que cela. Nous avons complètement oublié qu’après le flop, nous allons de nouveau devoir miser pour suivre après la turn et après la river. C’est donc aux chances de toucher la couleur à la turn uniquement qu’il faut comparer les pot odds; dans notre exemple nous avons 19,5% de chances d’obtenir la couleur à la turn. Verdict : il vaut mieux se coucher.

Avant de finir, expliquons ce que ces chiffres signifient exactement. Nous avons : pot odds = 23,1%, chances d’améliorer le jeu = 19,5%, pot = 130 €, mise = 30 €. En français, ça donne : nous dépensons 30 euros pour participer à un jeu qui rapporte 130 euros, avec une chance de gagner de 19,5%, ce qui veut dire que l’on gagne en moyenne 25,35 euros. Puisque ce montant est inférieur à la mise de 30 euros, il s’agit là d’un jeu non profitable.

J’espère que j’ai pu rendre ce concept de pot odds un peu plus clair. Avant de clôturer ce post, une seule remarque : afin de maîtriser cette technique, il ne faut pas forcément être très fort en mathématiques. Une fois la logique comprise, tout viendra avec la pratique.

Les probabilités au poker

Certains disent que le poker est un jeu de chance mais, si on a suivi au moins quelques cours de mathématiques dans la vie on sait que pratiquement tout est modélisable mathématiquement. Notre jeu favori n’est pas une exception – à tout moment, il est possible de calculer les chances de gagner ou, si on veut être complètement rigoureux, les chances d’améliorer sa main. Cet article vous permettra de mieux cerner le calcul des probabilités dans le poker et avoir une première estimation de vos chances de gagner, qu’il faudra ensuite coupler avec la somme en jeu (concept des pot odds).

Une probabilité, par définition, est le rapport de tous les évènements favorables sur l’ensemble des évènements. C’est ce qu’on va apprendre à calculer aujourd’hui. Pour ce faire, on va prendre un exemple simple: imaginons que nous avons 3 et Q de trèfles. Flop: J de trèfles, 7 de coeurs, 6 de trèfles. Quelle est la probabilité d’avoir une couleur au turn? A la river? Au turn ou à la river? On dirait un énoncé d’un exercice de mathématiques de 1ère S, mais on est bel et bien dans un jeu de poker.

Premièrement, il nous faudra déterminer le nombre d’évènements favorables. Un évènement favorable, ici, est n’importe quel trèfle. Généralement, on ne considère pas les cartes qui améliorent notre jeu (on les appelle les outs) dans une moindre mesure, ici les Q ou les 3 – non seulement on n’est pas du tout sûr de gagner avec une paire de 3, mais cela complique considérablement les calculs. Un trèfle, donc. Il y a 13 trèfles au total dans le jeu, dont 2 dans notre main et 2 sur la table. Il en reste ainsi 9 qui peuvent théoriquement sortir. Le nombre total des cartes (attention, on ne comptabilise pas les cartes détenues par les adversaires) non-connues est égal à 52 – 2 (notre main) – 3 (flop) = 47. On en déduit la probabilité d’avoir un trèfle au turn: 9/47=19.1% de chances.

On fait pareil pour calculer la probabilité d’avoir un trèfle à la river si l’on n’en a pas eu un au turn: 9 (il reste toujours 9 trèfles) / 46 (la carte du turn est connue) = 19.5% de chances, on n’est pas beaucoup mieux. Maintenant, déterminons la probabilité d’avoir un trèfle au turn ou à la rivière. En creusant un peu la mémoire, on sort la propriété suivante: la probabilité d’une union est égale à la somme des probabilités moins la probabilité de l’intersection. Ce qui nous donne: probabilité d’avoir un trèfle au turn ou à la river = probabilité d’avoir un trèfle au turn + probabilité d’avoir un trèfle à la river – probabilité d’avoir un trèfle au turn et à la river. Numériquement: P = 9/47 + 9/46 – (9/47 * 9/46) = 35%. Voilà, en gros on a un peu plus d’un tiers de chances de toucher notre couleur. On exprime généralement cette probabilité sous forme de odds : 35% <=> 1/3 <=> 2:1 (en français – trente-cinq pour cent de chances de gagner, ce qui représente une chance sur trois de gagner, ce qui représente deux chances contre une).

Vous allez me dire, c’est bien beau mais je n’ai pas vraiment le temps de calculer tout ça dans le jeu et si je sors une calculatrice on risque de me regarder bizarrement ! Pas faux, mais il faut aussi savoir que les probabilités sont toujours les mêmes et il n’y a pas des centaines de cas possibles. Il s’agit tout simplement de les apprendre par coeur en pratiquant lors des tournois en ligne, par exemple. Vous allez voir que cela se retient très facilement. A vos calculettes donc, rendez-vous très bientôt pour voir comment utiliser ces probabilités dans la pratique!

Les erreurs types d'un débutant

Dans un des articles précédents, nous avons étudié les faiblesses typiques d’un joueur de poker. Il s’agissait plus de faiblesses psychologiques que des erreurs dans le jeu; l’article d’aujourd’hui traitera les erreurs tactiques les plus répandues chez les débutants.

Absence de « continuation bet »

C’est sans doute l’erreur la plus courante – un joueur relance pre-flop, mise après le flop, mais soudain check quand le turn arrive. Quel est le message transmis par ce jeu? Il est très simple et parfaitement compréhensible par tout le monde – « j’avais une main correcte, j’attendais un set dans le flop et dans le turn, mais je n’ai rien eu ». Réaction de l’adversaire? Bet! Et là, le débutant se couche, laissant tout le pot à l’adversaire…
Conclusion: la continuation bet (ou c-bet) est absolument nécessaire.

All-in avec une pocket paire

Beaucoup de joueurs se précipitent de faire tapis lorsqu’ils trouvent une paire dans leur main. Généralement, il s’agit des dames, des rois ou des as (d’ailleurs, on conseille la lecture de l’article « Comment jouer une paire de valets?« ) – et ce, quelle que soit sa situation. Cette mesure peut être justifiée lorsque l’on se trouve dans une position délicate, mais si cette dernière est confortable on court directement à l’élimination puisque les chances de gagner ne sont pas si grands.
Conclusion: lorsque vous trouvez une pocket paire (et cela n’arrive pas très souvent!), jouez-la bien!

Attente de LA bonne carte

Encore un classique – ne rien faire tant qu’on n’a pas une bonne combinaison. Ce type de joueur ne rentre dans le jeu qu’en ayant une grande main, sinon c’est du fold direct (insta-fold). Non seulement il peut arriver que cette sacrée carte ne viendra jamais, mais en plus ce genre de jeu est très lisible par les autres joueurs – on risque de se contenter des blinds, ayant un carré de rois. Frustrant…
Conclusion: le poker est un jeu actif, l’attente passive ne paie pas.

Peur de la big blind

Très souvent, les joueurs ont tendance de jouer très serré lorsqu’ils sont sur la big blind. Mais pourquoi donc?! Au contraire, la marge de manoeuvre est plus grande puisque vous pouvez voir ce que font les autres. Pourquoi se plier face à une moindre relance?
Conclusion: big blind n’est pas une position désavantageuse, bien au contraire.

Nous avons ainsi couvert toutes les erreurs types dans le jeu d’un débutant, tant psychologiques que tactiques. Bonne chance à la table!

Poker Tells

Texas Hold’em n’est pas un simple jeu de cartes, c’est une compétition qui permet de voir qui est le meilleur observateur – on peut être sûr que certain Sherlock Holmes serait aurait pu gagner le WSOP. Non seulement il faut savoir lire le jeu des autres, mais il est indispensable de cacher le sien.

Cet article traite des « poker tells », ces signes qui permettent de deviner la main de l’adversaire. On peut les classer en trois catégories, en fonction des mains qu’ils indiquent – main forte, main faible et main incomplète.

J’ai une main forte !

  • Quelques signes purement physiques : mes mains tremblent un peu, je respire plus rapidement, je peux même voir deux ou trois gouttes de sueur apparaître sur mon front.
  • Je suis trop prudent – je ne mise pas gros pour ne pas effrayer mes adversaires et prendre le gros pot.
  • Je peux essayer de persuader mes adversaires que j’ai une mauvaise main en soupirant quelque chose comme « Mais c’est quoi ces cartes ?! » ou « Encore une mauvaise main, y en a marre… » – bien sûr, ces choses-là arrivent rarement lors de tournois sérieux, mais en jouant entre amis on peut avoir affaire à cela.
  • J’allume une cigarette ou je bois une gorgée – lorsqu’on ne veut pas faire lever le joueur en face, je sens le besoin d’occuper mes mains avec quelque chose.

J’ai une main faible !

  • Lorsque je bluffe avec une main très faible, j’ai parfois tendance à rougir – ce signe peut me trahir.
  • J’évite de regarder les autres joueurs dans les yeux, parce que je risque de ne pas pouvoir retenir un sourire. Certains joueurs, au contraire, fixent longuement leurs adversaires en bluffant afin de leur mettre la pression et les forcer à se coucher.

J’ai une main incomplète !

Quand il me manque une carte pour compléter une combinaison (généralement il s’agit d’un flush ou un straight), je vérifie plusieurs fois mes cartes lorsque le flop arrive. Je mets également plus de temps que d’habitude avant de prendre une décision de miser.

Règles générales

Les signes ci-dessus mis à part, il faut observer attentivement le comportement des autres sur une dizaine de mains afin de dégager des modèles – certains ont un jeu tellement évident qu’on peut déterminer avec certitude leurs mains.

Ainsi, si un joueur très « tight », qui ne mise jamais gros, commence à compter ses jetons pour une grosse mise ou un all-in, on peut s’attendre à une très bonne main.

Il est donc très important de varier son comportement tout le long de la partie pour ne pas permettre aux adversaires de deviner votre vraie stratégie.

La tactique d'un tapis judicieux

Souvent, dans le cadre d’un tournoi hold’em sans limite, on se retrouve dans une situation assez désagréable – vous entrez dans la phase « card dead », c’est-à-dire que toutes les cartes qui vous sont distribuées ne vous arrangent pas vraiment. Même pas une petite paire de valets!

Le tapis que vous avez diminue, lentement mais inexorablement et vous constatez avec tristesse que les adversaires sont bien mieux placés que vous. Tout indique que le prochain à être éliminé, c’est vous. Les blindes sont déjà assez élevées et quelques tours plus tard, vous quittez la table. Si vous vous êtes déjà retrouvé dans ce genre de situation, voici quelques conseils pour bien choisir le moment qui vous permettrait de retourner la tendance (avec un peu de chance, bien sûr!).

Ne tardez pas trop

Dès que votre tapis devient 10 fois supérieur à la big blind, il faut penser à préparer son all-in (il s’agit ici d’un all-in pre-flop bien sûr). Sinon, le gain sera tout simplement trop petit et vous ne vous débarasserez pas du titre de premier candidat à l’élimination. D’un autre côté, si vous faites tapis trop tôt, vous risquez de rater quelques bonnes opportunités (bien sûr, si vous avez un AA, il n’y a pas vraiment à réfléchir).

Avec quelles cartes?

Si vous êtes à 10x la big blind, les mains de départ telles que AK, AQ, AJ, KQ, etc. (surtout de même couleur) sont des bonnes incitations à faire tapis. On pourrait dire la même chose des pocket paires comme 1010 ou 99.

L’importance de la position

Lorsqu’on parle all-in, le plus important c’est de ne pas avoir trop d’adversaires. Deux joueurs est un grand maximum, sinon les chances de multiplier son tapis sont éphémères. Ainsi, quand vous prenez la décision d’aller all-in, prenez en compte votre position. Si vous êtes le premier à parler (« under the gun« ), cela peut s’avérer dangereux si plusieurs joueurs ont des bonnes mains (AA, KK, QQ… – tous ceux-là vous suivront et même ceux qui ont AK/AQ/KQ pour essayer de vous éliminer). Par conséquent, la meilleure position pour faire tapis est dans les blinds ou sur le bouton.

Comme vous voyez, ces quelques conseils vous permettront de mettre toutes les chances de votre côté quand il s’agira de voir si vous pouvez encore prétendre à rester en jeu. Et, surtout, gardez la face en toute circonstance.

JJ est une combinaison assez difficile à jouer. Un débutant a tendance à penser que JJ est une paire presque aussi bien que KK ou AA, mais en vérité c’est loin d’être le cas. En effet, très souvent il y aura une dame, un roi ou un as dans le flop (plus de 50% de chances) et là, il est difficile d’être en position dominante.

Notre but dans cette circonstance sera d’éliminer le maximum de joueurs possible en pre-flop sans pour autant mettre en jeu tout notre tapis. A condition qu’on ne soit pas au tout début du tournoi (où les tapis sont assez importants par rapport aux blinds), il est judicieux de miser 3 fois la big blind pre-flop. Si certains joueurs réagissent en relançant plus de 5 fois la BB, il vaut mieux laisser tomber cette main car le pot devient beaucoup trop grand.

Sur le flop, si toutes les cartes sont en-dessous des valets, une relance (« continuation bet« ) d’un montant moyen a pas mal de chances de rafler le pot. Si, au contraire, le flop montre Q, K ou A et votre adversaire joue agressif, soyez prudent et couchez votre paire de valets.

JJ est une paire qui paraît premium mais qui ne l’est pas en réalité. Eliminez le max des adversaires dès le début et agissez en fonction du flop.

Sit & Go - Introduction

Nous allons voir dans une série d’articles quelle est la stratégie pour être gagnant en sit and go, basse et moyenne limites.

Mais pour commencer, qu’est-ce qu’un sit and go, S&G ou SNG ?

Un SNG est un tournoi qui n’a pas de date de début prévue à l’avance, il débutera simplement lorsque tous les sièges seront pris. Il existe un grand nombre de variantes de SNG, qui vont du heads-up au tournoi de 360 joueurs. Il y a aussi beaucoup de buy-in (droit d’entrée) différents, de 1$ jusqu’à 5000$.

Etant donné que le nombre de joueurs est prévu à l’avance, la structure des prix est aussi connue. D’ailleurs, un simple petit tournoi organisé à domicile à l’aide d’une banale malette poker est également un sit & go.
Par exemple pour un SNG de 3$ à 10 joueurs, le prize pool (cagnote) est de 30$ et les prix seront :

  • 1er 15$
  • 2nd 9$
  • 3ème 6$

Les SNG sont pour nombre de joueurs débutants un moyen de s’entraîner au poker de tournoi, du fait que le temps de jeu est plus faible qu’un vrai tournoi et aussi car les buy-in sont très abordables.

Stratégie en milieu de tournoi

Maintenant que vous savez comment aborder votre début de tournoi, voyons quels sont les points clés du milieu de tournoi. Nous avons vu que le début de tournoi convenait bien à un jeu assez serré car les blindes sont relativement faibles.

Ici les blindes deviennent plus chères et il faut donc de manière générale jouer plus de coups pour essayer de les voler. Bien sûr cela dépendra de notre tapis. Par milieu de tournoi, nous comprenons que pour un tournoi de 1000 personnes c’est lorsqu’il reste environ 100 joueurs avant d’atteindre les places payées. Dans cette phase du tournoi, les joueurs commencent à penser à l’argent des places payées et donc ils changent de comportement.

Il y a en gros deux sortes de joueurs :

  • Les amateurs qui jouent pour être dans les places payées coûte que coûte et qui vont jouer vraiment très peu de coups.
  • Les pros et quelques amateurs (dont vous j’espère) qui jouent pour la gagne, ce qui est beaucoup plus rentable. Ceux-là jouent plus de coups et exploitent ceux qui ont peur de perdre avant les places payées.

Nous sommes donc au milieu de tournoi, les blindes sont maintenant assez grosses pour être volées dans certaines situations. Mais nous allons jouer différemment selon la taille de notre tapis.

Il y aura donc plusieurs façons de jouer selon que l’on se retrouve :

  • Petit tapis «Short stack»
  • Tapis moyen
  • Gros tapis «Big stack»

Jouer Short Stack

Si vous jouez souvent des tournois il ne sera pas rare que vous arriviez en milieu de tournoi avec un petit tapis. Nous allons donc voir la meilleure manière de jouer, sans perdre son sang froid. Ici, si votre M devient inférieur à 8 vous allez être obligé de voler les blindes. Lorsque vous êtes au bouton et au small blind vous devez mettre tapis 100% du temps si personne avant vous n’est rentré dans le coup. Petite exception: si la personne à la big blind a un stack énorme, faites le avec une bonne main.

Vous mettez tapis dans n’importe quelle position avec toutes les paires supérieures aux neufs et tout les A10 et mieux. Ici on ne cherche pas tellement à se faire suivre par moins fort que nous, mais surtout à voler les blindes. Si cependant nous sommes suivi sce n’est pas si grave, en effet nous allons souvent nous retrouver à jouer un 30%, mais cela sera compensé par le nombre de fois que vous allez gagner en volant les coups sans être suivis.

Ici si vous recevez des monstres du type KK ou AA, il sera souvent très rentable de les jouer comme si vous étiez en train de voler les blindes, en mettant tapis. En effet si quelqu’un a une main contenant un as et beaucoup de jetons derrière lui, vous serez souvent suivis, et à vous le « double up ».

Jouer avec un Stack Moyen

On considère que notre tapis est d’environ 25 blindes, ce qui représente en général la moyenne dans les tournois classiques. Vous avez un tapis parfait pour faire de vraies relances et sur-relances.

Ici on ne rentrera jamais dans un coup en premier sans relancer, car cela permet plusieurs choses :

  • Vous pouvez gagner les blindes sans contestation si tout le monde se couche.
  • Votre fréquence de relances va augmenter et donc, lorsque vous aurez une main énorme vos adversaires ne pourrons pas vous lire.

Avec ce genre de tapis vous allez pouvoir tendre des pièges et même voler les voleurs. Si vous remarquez que quelqu’un est très actif et qu’il relance souvent, essayez de le sur-relancer en position, avec du jeu ou pas. Si votre image est celle de quelqu’un qui joue d’assez bonnes cartes c’est une très bonne technique. Souvent votre adversaire va se coucher et même s’il vous suit vous serez le dernier à parler et donc vous pourrez le bluffer sur le flop.

En ce qui concerne les pièges, ils sont une arme très puissante que vous pouvez utiliser avec cette taille de stack. Piéger avec une grosse main est souvent une bonne idée, mais de quelle façon ?

  • Vous pouvez « limper » c’est-à-dire vous contenter de suivre la BB, dans le but de sur-relancer ensuite. Cette stratégie marche très bien sur une table agressive, mais évitez-la ailleurs car si personne ne vous relance vous serez dans une position délicate où il y aura beaucoup de monde dans le coup ce qui fera considérablement baisser vos chances de gagner. Ici ne faites pas tapis, si votre adversaire a relancé d’environ 4 BB sur-relancez le a 12BB environ, en effet votre tapis(ici 25 BB environ) est trop important pour une sur-relance à tapis.
  • Vous pouvez aussi vous contenter de suivre une relance. En effet il y a souvent des gens qui essaient de voler les coups où les joueurs se sont contentés de suivre la relance car cela est souvent un aveu de faiblesse.

Soyez toujours bien attentif dans cette partie du tournoi, il y aura de nombreuses opportunités de gagner des coups dont personne ne veut. Repérez bien ceux qui ont peur de sauter avant les places payées, ils seront vos cibles.

Jouer Big Stack

Vous vivez le rêve de tous les joueurs de tournoi, votre tapis est énorme et même si vous perdez un gros coup vous pouvez encore repartir. Précédemment je vous ai dit qu’à ce stade du tournoi il fallait jouer plus de mains, mais le jeu avec un gros tapis est très rentable si l’on joue beaucoup de mains. Cela marchera d’autant mieux si vous êtes à une table où les joueurs jouent très peu de mains dans l’espoir d’arriver aux places payées.

En fait ici vous pouvez jouer tous les coups où personne n’a ni suivi, ni relancé, mais surtout rentrez dans un coup en relançant. Evitez de trop relancer les gens qui se contentent de seulement payer la BB, il s’agira souvent d’un piège.

Ici une bonne relance sera d’un peu moins que 3 fois la BB (qui est la relance standard). En effet que vous misiez plus ou moins cela aura le même effet (les joueurs adverses ne vous affronteront qu’avec de bonnes mains), mais vous économiserez un peu de jetons chaque fois qu’ils vous relanceront.

Quelques règles pour savoir quoi faire si l’on vous sur-relance à tapis :

  • Si votre adversaire dispose de moins de 10% de votre tapis vous pouvez suivre avec presque toutes les mains. Ici suivre avec n’importe quelle main peut s’avérer être un bon investissement, car si votre table vous à vu suivre avec 10 et 3 vous allez passer pour le fou qui suit tout et vous pouvez être sur qu’il ne s’amuserons pas à vous sur-relancer avec n’importe quoi.
  • Si vous êtes face à un tapis moyen qui vous sur-relance beaucoup vous pouvez tenter de jouer des coups à pile ou face avec des paires comme 10 10 et mieux et des mains comme AQ et mieux.
  • Dans le cas d’un tapis qui est du même ordre de grandeur que vous, jouez de manière plus prudente. S’il vous a montré qu’il était assez sage et qu’il ne jouait que très peu de mains, il est même envisageable de coucher AK.

En Conclusion

Il est important de garder à l’esprit quelle est la taille de notre tapis par rapport aux autres et d’adapter notre manière de jouer comme nous l’avons décrit plus haut. Dans chaque situation il y a plusieurs manières de jouer selon la taille de notre tapis.