Les pires mains pour commencer

Nous savons tous que AA ou KK c’est plutôt bien comme main. Nous avons également vu comment jouer d’autres mains, telles que KJ ou JJ, qui peuvent paraître prometteuses mais avec lesquelles il faudra faire très attention. Le souci, c’est que souvent, pendant le jeu, on assiste à des périodes card-dead, lorsqu’il n’y a littéralement rien d’intéressant qui tombe. Dans ces situations-là, au bout d’un moment on est très tenté de jouer avec n’importe quoi, perdant la mise.

Cet article a pour objectif de recenser les pires mains possibles, celles avec lesquelles il y a vraiment peu de chances de l’emporter. Bien sûr, un full house pourra toujours sortir mais, soyons francs, les chances de cet évènement sont très limitées ; nous ne les prendrons pas en compte. Voici donc le palmarès :

Un 2 et un 6

Très, très moyen. Vous pouvez espérer toucher un straight (3, 4 et 5 au flop), mais il suffit qu’un adversaire ait un 7 pour vous battre. Sinon, ces deux cartes sont tout simplement trop petites pour battre quoi que ce soit.

Un 2 et un 7/8

C’est encore pire – pas de possibilité de straight cette fois-ci et, comme d’ailleurs dans le cas précédent, un flush n’est généralement pas gagnant s’il y a un autre joueur avec cette combinaison. Baptisée hummer, cette main est regardée comme la pire possible.

Un 2/3/4 et un 9

Un peu mieux, cependant, pas de quoi sauter au plafond. Pas de straight possible. Un 9 peut être battu par 10, J, Q, K, A… En plus, avec un tel kicker, vous avez peu de chances de gagner contre un heureux propriétaire d’une autre paire de 9.

Un 3 et un 7/8

Normalement, les seules mains que celle-là est capable de battre ont déjà été évoquées dans cet article… Passez votre chemin!

Voilà, ce sont les mains avec lesquelles je conseille de vous coucher tout de suite. Je ne les joue que très rarement, et ce, juste pour tromper les adversaires.

Dites non au checkAujourd’hui, on va le faire en mode short & sweet, une seule idée forte dans un article concis. Cet article s’adresse plus aux débutants, mais je suis quasiment certain que ceux d’entre vous qui se croient à un niveau intermédiaire trouveront ceci utile. Même si je classe cet article dans « stratégies », il s’agit plus d’une conviction, d’une règle qu’il vaut mieux toujours garder en tête.

Le check est un coup légitime dans le poker. Cependant, si vous comparez une table où la mise de base est de 10 centimes à des tournois internationaux, vous allez vite vous rendre compte que le pourcentage des checks est bien plus faible dans le second cas. Pourquoi? Parce que les forts ne checkent (presque) pas.

En effet, au lieu de se concentrer sur leurs propres cartes, ils jouent également les cartes de l’adversaire et c’est pour ça qu’ils sont bons puisque, on le sait, au poker on ne peut pas uniquement compter sur sa propre chance – elle est toujours sujette aux bad beats.

Maintenant, le temps des exemples et illustrations est venu, afin de vous prouver pourquoi il est préférable d’éviter au maximum les checks. Premier exemple : vous avez 10 carreaux et J piques. Le flop vient avec 9 piques, 3 carreaux et K trèfles. Il reste deux adversaires et vous êtes le dernier à jouer. Ils checkent. Check ou bet ? A priori, si vous checkez vous allez voir le turn gratuitement, donc c’est plutôt pas mal – mais là, vous réflechissez par rapport à vos cartes uniquement! Il y a de fortes chances que les adversaires pensent pareil – ils ont également envie de voir le turn gratuitement parce qu’ils n’ont rien touché jusque-là. On va les empêcher de le faire en misant entre le tiers et la moitié du pot. Croyez-moi, le gain moyen de cette stratégie est largement positif.

Dans le deuxième exemple, nous allons parler des fameux « pièges-check ». Ce move consiste à checker avec une forte main pour tromper l’adversaire et le laisser croire qu’il peut gagner le tour. Je ne remets pas en cause l’utilité de cette stratégie, mais elle mérite d’être nuancée. Personnellement, je pense qu’elle peut s’avérer utile à partir d’un certain niveau de main. Pour moi, elle n’est appliquable que si on a au moins une couleur. Je m’explique – en tendant ce piège, on laisse l’adversaire se constituer une main qui pourrait éventuellement battre la vôtre… Une chose qui m’est déjà arrivée – j’ai commencé avec des pocket aces (AA) et il y avait encore un as au flop. Au turn, j’ai checké (le piège) pour découvrir qu’à la river l’adversaire faisait tapis avec une couleur que je n’avais pas vue venir…

J’espère que j’ai réussi à vous convaincre que le check n’est pas le meilleur move possible. Bien sûr, il peut (et doit) être utilisé en tant qu’un instrument pour contrôler la taille du pot, mais il est à mon avis préférable d’être légèrement plus agressif.

Freeroll

« Freeroll à tout prix ». En effet, ce type de jeu est extrêmement populaire et on ne s’en étonne pas puisqu’on peut s’entraîner au poker, gratuitement, contre des joueurs généralement motivés (à la différence des free games) et avec une chance de toucher le jack-pot en bonus. Pour ceux qui ne savent pas ce que c’est qu’un freeroll, il s’agit d’une partie de poker avec un grand nombre de joueurs où l’inscription est gratuite et il y a des prix réels pour les gagnants. Généralement, tout le monde commence avec 1500 jetons sur plusieurs tables de 10, puis le nombre de tables diminue avec les joueurs éliminés jusqu’à aboutir à une seule table finale.

Les freerolls sont, encore une fois, très prisés des débutants comme des joueurs avancés. Il n’est pas rare de voir les inscriptions clore quelques minutes après le début puisque le nombre maximal de joueurs est atteint. Heureusement, les freerolls ne manquent pas. La plupart des grandes poker rooms, comme Full Tilt ou Poker Stars, en font tous les jours. Cependant, il est peu pratique de surveiller les freerolls ayant ouvert une dizaine de fenêtres. Astuce – il y a un site qui répértorie les freerolls à venir. On recommande.

Une fois enregistré, il faut savoir jouer correctement ce tournoi très particulier. Avant de commencer, soyons francs: vos chances de gagner un freeroll sont très petits. Cependant, si vous le prenez sérieusement, non seulement vous êtes sûr d’améliorer votre jeu, mais vous pouvez atterrir sur la table finale et donc gagner de l’argent. Ci-dessous quelques conseils pour bien gérer votre jeu dans les freerolls.

Généralement, le plus amusant dans le freeroll c’est le début. Les joueurs sont frais, sur la table de 10 il y a au moins 5 personnes qui ne savent pas jouer et on peut avoir l’impression que la partie sera facile. Détrompez-vous. C’est là qu’il faut être le plus prudent possible. Beaucoup de personnes vont essayer de faire tapis avec des mains médiocres en suivant la stratégie (possible mais risquée) de gagner 2-3 tapis puis capitaliser sur les jetons amassés. Sachez donc que ceux qui font tapis n’ont pas forcément AA. Mais, attention, cela ne veux pas dire qu’il faut suivre! Au contraire, soyez conservatif et sortez le grand jeu si vous touchez AA ou KK; préférez jouer serré dans tous les autres cas. Pourquoi? Parce que c’est souvent une question de chance dans ces situations-là et vous ne voulez pas terminer le tournoi 5 minutes après le début.

Avec un peu de bol, vous avez survécu aux premières 15-25 minutes. Vous avez réalisé quelques beaux coups et beaucoup de joueurs (entre 1/3 et 1/2) ont été éliminés. Maintenant, c’est le marathon qui va commencer. Ajoutez un peu d’agressivité dans votre jeu, soyez imprévisible, c’est là qu’il faut montrer que vous êtes un bon joueur. A ce stade, il n’y a pas de tactique gagnante, inspirez-vous de nombreux conseils que vous pouvez trouver sur notre site. Prenez des pauses régulières, parce que c’est parti pour plusieurs heures.

Quand (et si) vous arrivez à la table finale, les blindes sont généralement très élevées. Si vous avez eu de la chance jusque là, vous avez un tapis imposant et pouvez vous permettre de voler les blindes et ainsi éliminer petit à petit les adversaires. Ne vous emportez pas et assurez-vous que vous avez quand même une main décente. Vous devez également être capable de prévoir la qualité des mains des autres joueurs en fonction de leur jeu antérieur – surveillez-les bien!

Si vous n’avez pas beaucoup de jetons, par contre, la tactique est simple. En fonction de votre M, attendez le bon coup et faites tapis. Si vous arrivez à gagner une ou deux fois, vous allez déstabiliser les « gros poissons » et il sera tout à fait possible d’inverser la tendance. Bonne chance!

KJ - une main à ne pas surestimer

Un joueur peu expérimenté est plutôt content lorsqu’il touche King-Jack. Bien sûr, il s’agit de deux têtes quand même, et pas n’importe lesquelles! On attend ainsi le flop avec confiance, ayant souvent misé une quantité non négligeable. Malheureusement, souvent c’est la désillusion. Tout comme une paire de valets, c’est une main très difficile à jouer, qui requiert beaucoup de prudence.

Pourquoi est-ce une main faible? Les risques de tomber sur un as sont trop importants. En effet, en cas d’absence de moindre paire, c’est l’adversaire montrant un as qui l’emportera. Si l’adversaire n’a pas d’as, alors vos chances de gagner sont quasiment égaux. Grosso modo, les chances sont de 60/40 entre un joueur ayant un as dans sa main et un joueur ne l’ayant pas.

Cette main peut devenir très puissante en cas de la présence sur la table de trois cartes magiques: Q, 10 et A. Dans ce cas-là, rares sont ceux qui penseront que vous avez KJ en votre possession. Ils vont plutôt tabler sur des paires impliquant 10 et Q (voire A) et ainsi sous-estimeront considérablement votre jeu. C’est à ce moment là qu’il y a possibilité de toucher un jack-pot. Dans tous les autres cas, sauf évidence (K, K et J sur la table…), évitez de mises de grandes sommes.

Pour bien vous montrer l’exemple de gros dégâts qui peuvent être causés par cette main, je vous présente une vidéo assez drôle, où le célèbre Tony Guoga ridiculise Ralph Perry devant les autres joueurs et les spectateurs. Cette vidéo montre aussi très bien la pression verbale qu’un joueur est capable de mettre sur son adversaire. C’est impressionnant.

Les erreurs types d'un débutant

Dans un des articles précédents, nous avons étudié les faiblesses typiques d’un joueur de poker. Il s’agissait plus de faiblesses psychologiques que des erreurs dans le jeu; l’article d’aujourd’hui traitera les erreurs tactiques les plus répandues chez les débutants.

Absence de « continuation bet »

C’est sans doute l’erreur la plus courante – un joueur relance pre-flop, mise après le flop, mais soudain check quand le turn arrive. Quel est le message transmis par ce jeu? Il est très simple et parfaitement compréhensible par tout le monde – « j’avais une main correcte, j’attendais un set dans le flop et dans le turn, mais je n’ai rien eu ». Réaction de l’adversaire? Bet! Et là, le débutant se couche, laissant tout le pot à l’adversaire…
Conclusion: la continuation bet (ou c-bet) est absolument nécessaire.

All-in avec une pocket paire

Beaucoup de joueurs se précipitent de faire tapis lorsqu’ils trouvent une paire dans leur main. Généralement, il s’agit des dames, des rois ou des as (d’ailleurs, on conseille la lecture de l’article « Comment jouer une paire de valets?« ) – et ce, quelle que soit sa situation. Cette mesure peut être justifiée lorsque l’on se trouve dans une position délicate, mais si cette dernière est confortable on court directement à l’élimination puisque les chances de gagner ne sont pas si grands.
Conclusion: lorsque vous trouvez une pocket paire (et cela n’arrive pas très souvent!), jouez-la bien!

Attente de LA bonne carte

Encore un classique – ne rien faire tant qu’on n’a pas une bonne combinaison. Ce type de joueur ne rentre dans le jeu qu’en ayant une grande main, sinon c’est du fold direct (insta-fold). Non seulement il peut arriver que cette sacrée carte ne viendra jamais, mais en plus ce genre de jeu est très lisible par les autres joueurs – on risque de se contenter des blinds, ayant un carré de rois. Frustrant…
Conclusion: le poker est un jeu actif, l’attente passive ne paie pas.

Peur de la big blind

Très souvent, les joueurs ont tendance de jouer très serré lorsqu’ils sont sur la big blind. Mais pourquoi donc?! Au contraire, la marge de manoeuvre est plus grande puisque vous pouvez voir ce que font les autres. Pourquoi se plier face à une moindre relance?
Conclusion: big blind n’est pas une position désavantageuse, bien au contraire.

Nous avons ainsi couvert toutes les erreurs types dans le jeu d’un débutant, tant psychologiques que tactiques. Bonne chance à la table!

Faiblesses types d'un joueur

Une fois que les règles et les techniques de base sont maîtrisées, un joueur débutant doit bien étudier son propre jeu. Parce que, on le sait bien, au poker il ne suffit pas de connaître les combinaisons et avoir un peu de chance dans les cartes. Au contraire, c’est un jeu où il faut être à la hauteur psychologiquement et physiquement. Voyons un peu quelles peuvent être les erreurs typiques d’un joueur.

Perte de l’équilibre – « going on tilt »

Le « tilt » est généralement précédé d’un « bad beat », c’est-à-dire une main où vous aviez toutes les chances de gagner mais les cartes en ont décidé autrement. Par exemple, imaginons une situation où vous avez AA dès le début. Vous relancez pour éliminer quelques adversaires pre-flop et restez tête-à-tête contre un joueur. Flop: 8 Q 3. Turn – A – wow! Voyant son tapis, deux fois plus petit que le vôtre, vous le forcez à aller all-in… River – 9. Vous montrez votre brelan, tout content, mais lui, il avait 10 J et donc un straight…

Votre tapis est diminué de moitié et vous êtes un peu énervé. D’habitude, pendant les mains suivantes on perd la concentration et on peut même être éliminé rapidement. Comment évitez le tilt? Respirez, levez-vous de la table et passez un tour. Relativisez la perte – la prochaine fois c’est vous qui allez avoir de la chance sur la river.

Prédictibilité totale

C’est un grand classique. Cela se voit moins en ligne, parce que les joueurs ont tendance à être moins concentrés (cependant, les pros le verront tout aussi bien), mais si vous jouez dans un tournois ou entre amis, ces choses-là sont assez évidentes. Il y a toujours un joueur qui ne joue que quand il a une bonne main. Un autre qui bluffe sans arrêt. Un troisième n’arrive pas à retenir un sourire quand il touche un bon jeu… Avec un peu d’attention, ces signes-là sont facilement visibles. Il suffit d’observer et classer les informations sur les différentes joueurs. Mais le plus important est de retenir ses propres émotions et ne pas tomber dans la routine. Variez votre jeu, jouez « tight » pendant un petit moment, puis tentez un coup de bluff. Essayez de tromper vos adversaires.

Même si vous ne verrez sans doute pas les résultats à court terme, à long terme vous apprendrez à le faire machinalement et vous deviendrez beaucoup plus dangereux dans le jeu.

S’énerver contre un joueur

Celui-là, vous n’en pouvez plus. Jean-Philippe n’arrête pas de relancer quand cela ne vous arrange pas, il a tout le temps des brelans et il vient de toucher un full house! Dans ce cas-là, il ne faut pas se fixer un objectif de le battre coûte que coûte. Le plus judicieux est de garder son sang-froid et continuer à jouer comme s’il s’agissait d’un joueur lambda. Dites-vous qu’à un moment donné sa confiance va lui jouer un mauvais tour. Ainsi, la dernière règle de notre leçon d’aujourd’hui – éviter tout clash personnel pendant un jeu de poker!

Je viens de décrire les trois erreurs types d’un joueur qui débute. En apprenant à les maîtriser, vous améliorerez considérablement votre jeu.

La tactique d'un tapis judicieux

Souvent, dans le cadre d’un tournoi hold’em sans limite, on se retrouve dans une situation assez désagréable – vous entrez dans la phase « card dead », c’est-à-dire que toutes les cartes qui vous sont distribuées ne vous arrangent pas vraiment. Même pas une petite paire de valets!

Le tapis que vous avez diminue, lentement mais inexorablement et vous constatez avec tristesse que les adversaires sont bien mieux placés que vous. Tout indique que le prochain à être éliminé, c’est vous. Les blindes sont déjà assez élevées et quelques tours plus tard, vous quittez la table. Si vous vous êtes déjà retrouvé dans ce genre de situation, voici quelques conseils pour bien choisir le moment qui vous permettrait de retourner la tendance (avec un peu de chance, bien sûr!).

Ne tardez pas trop

Dès que votre tapis devient 10 fois supérieur à la big blind, il faut penser à préparer son all-in (il s’agit ici d’un all-in pre-flop bien sûr). Sinon, le gain sera tout simplement trop petit et vous ne vous débarasserez pas du titre de premier candidat à l’élimination. D’un autre côté, si vous faites tapis trop tôt, vous risquez de rater quelques bonnes opportunités (bien sûr, si vous avez un AA, il n’y a pas vraiment à réfléchir).

Avec quelles cartes?

Si vous êtes à 10x la big blind, les mains de départ telles que AK, AQ, AJ, KQ, etc. (surtout de même couleur) sont des bonnes incitations à faire tapis. On pourrait dire la même chose des pocket paires comme 1010 ou 99.

L’importance de la position

Lorsqu’on parle all-in, le plus important c’est de ne pas avoir trop d’adversaires. Deux joueurs est un grand maximum, sinon les chances de multiplier son tapis sont éphémères. Ainsi, quand vous prenez la décision d’aller all-in, prenez en compte votre position. Si vous êtes le premier à parler (« under the gun« ), cela peut s’avérer dangereux si plusieurs joueurs ont des bonnes mains (AA, KK, QQ… – tous ceux-là vous suivront et même ceux qui ont AK/AQ/KQ pour essayer de vous éliminer). Par conséquent, la meilleure position pour faire tapis est dans les blinds ou sur le bouton.

Comme vous voyez, ces quelques conseils vous permettront de mettre toutes les chances de votre côté quand il s’agira de voir si vous pouvez encore prétendre à rester en jeu. Et, surtout, gardez la face en toute circonstance.

Sit & Go - Introduction

Nous allons voir dans une série d’articles quelle est la stratégie pour être gagnant en sit and go, basse et moyenne limites.

Mais pour commencer, qu’est-ce qu’un sit and go, S&G ou SNG ?

Un SNG est un tournoi qui n’a pas de date de début prévue à l’avance, il débutera simplement lorsque tous les sièges seront pris. Il existe un grand nombre de variantes de SNG, qui vont du heads-up au tournoi de 360 joueurs. Il y a aussi beaucoup de buy-in (droit d’entrée) différents, de 1$ jusqu’à 5000$.

Etant donné que le nombre de joueurs est prévu à l’avance, la structure des prix est aussi connue. D’ailleurs, un simple petit tournoi organisé à domicile à l’aide d’une banale malette poker est également un sit & go.
Par exemple pour un SNG de 3$ à 10 joueurs, le prize pool (cagnote) est de 30$ et les prix seront :

  • 1er 15$
  • 2nd 9$
  • 3ème 6$

Les SNG sont pour nombre de joueurs débutants un moyen de s’entraîner au poker de tournoi, du fait que le temps de jeu est plus faible qu’un vrai tournoi et aussi car les buy-in sont très abordables.

Stratégie en milieu de tournoi

Maintenant que vous savez comment aborder votre début de tournoi, voyons quels sont les points clés du milieu de tournoi. Nous avons vu que le début de tournoi convenait bien à un jeu assez serré car les blindes sont relativement faibles.

Ici les blindes deviennent plus chères et il faut donc de manière générale jouer plus de coups pour essayer de les voler. Bien sûr cela dépendra de notre tapis. Par milieu de tournoi, nous comprenons que pour un tournoi de 1000 personnes c’est lorsqu’il reste environ 100 joueurs avant d’atteindre les places payées. Dans cette phase du tournoi, les joueurs commencent à penser à l’argent des places payées et donc ils changent de comportement.

Il y a en gros deux sortes de joueurs :

  • Les amateurs qui jouent pour être dans les places payées coûte que coûte et qui vont jouer vraiment très peu de coups.
  • Les pros et quelques amateurs (dont vous j’espère) qui jouent pour la gagne, ce qui est beaucoup plus rentable. Ceux-là jouent plus de coups et exploitent ceux qui ont peur de perdre avant les places payées.

Nous sommes donc au milieu de tournoi, les blindes sont maintenant assez grosses pour être volées dans certaines situations. Mais nous allons jouer différemment selon la taille de notre tapis.

Il y aura donc plusieurs façons de jouer selon que l’on se retrouve :

  • Petit tapis «Short stack»
  • Tapis moyen
  • Gros tapis «Big stack»

Jouer Short Stack

Si vous jouez souvent des tournois il ne sera pas rare que vous arriviez en milieu de tournoi avec un petit tapis. Nous allons donc voir la meilleure manière de jouer, sans perdre son sang froid. Ici, si votre M devient inférieur à 8 vous allez être obligé de voler les blindes. Lorsque vous êtes au bouton et au small blind vous devez mettre tapis 100% du temps si personne avant vous n’est rentré dans le coup. Petite exception: si la personne à la big blind a un stack énorme, faites le avec une bonne main.

Vous mettez tapis dans n’importe quelle position avec toutes les paires supérieures aux neufs et tout les A10 et mieux. Ici on ne cherche pas tellement à se faire suivre par moins fort que nous, mais surtout à voler les blindes. Si cependant nous sommes suivi sce n’est pas si grave, en effet nous allons souvent nous retrouver à jouer un 30%, mais cela sera compensé par le nombre de fois que vous allez gagner en volant les coups sans être suivis.

Ici si vous recevez des monstres du type KK ou AA, il sera souvent très rentable de les jouer comme si vous étiez en train de voler les blindes, en mettant tapis. En effet si quelqu’un a une main contenant un as et beaucoup de jetons derrière lui, vous serez souvent suivis, et à vous le « double up ».

Jouer avec un Stack Moyen

On considère que notre tapis est d’environ 25 blindes, ce qui représente en général la moyenne dans les tournois classiques. Vous avez un tapis parfait pour faire de vraies relances et sur-relances.

Ici on ne rentrera jamais dans un coup en premier sans relancer, car cela permet plusieurs choses :

  • Vous pouvez gagner les blindes sans contestation si tout le monde se couche.
  • Votre fréquence de relances va augmenter et donc, lorsque vous aurez une main énorme vos adversaires ne pourrons pas vous lire.

Avec ce genre de tapis vous allez pouvoir tendre des pièges et même voler les voleurs. Si vous remarquez que quelqu’un est très actif et qu’il relance souvent, essayez de le sur-relancer en position, avec du jeu ou pas. Si votre image est celle de quelqu’un qui joue d’assez bonnes cartes c’est une très bonne technique. Souvent votre adversaire va se coucher et même s’il vous suit vous serez le dernier à parler et donc vous pourrez le bluffer sur le flop.

En ce qui concerne les pièges, ils sont une arme très puissante que vous pouvez utiliser avec cette taille de stack. Piéger avec une grosse main est souvent une bonne idée, mais de quelle façon ?

  • Vous pouvez « limper » c’est-à-dire vous contenter de suivre la BB, dans le but de sur-relancer ensuite. Cette stratégie marche très bien sur une table agressive, mais évitez-la ailleurs car si personne ne vous relance vous serez dans une position délicate où il y aura beaucoup de monde dans le coup ce qui fera considérablement baisser vos chances de gagner. Ici ne faites pas tapis, si votre adversaire a relancé d’environ 4 BB sur-relancez le a 12BB environ, en effet votre tapis(ici 25 BB environ) est trop important pour une sur-relance à tapis.
  • Vous pouvez aussi vous contenter de suivre une relance. En effet il y a souvent des gens qui essaient de voler les coups où les joueurs se sont contentés de suivre la relance car cela est souvent un aveu de faiblesse.

Soyez toujours bien attentif dans cette partie du tournoi, il y aura de nombreuses opportunités de gagner des coups dont personne ne veut. Repérez bien ceux qui ont peur de sauter avant les places payées, ils seront vos cibles.

Jouer Big Stack

Vous vivez le rêve de tous les joueurs de tournoi, votre tapis est énorme et même si vous perdez un gros coup vous pouvez encore repartir. Précédemment je vous ai dit qu’à ce stade du tournoi il fallait jouer plus de mains, mais le jeu avec un gros tapis est très rentable si l’on joue beaucoup de mains. Cela marchera d’autant mieux si vous êtes à une table où les joueurs jouent très peu de mains dans l’espoir d’arriver aux places payées.

En fait ici vous pouvez jouer tous les coups où personne n’a ni suivi, ni relancé, mais surtout rentrez dans un coup en relançant. Evitez de trop relancer les gens qui se contentent de seulement payer la BB, il s’agira souvent d’un piège.

Ici une bonne relance sera d’un peu moins que 3 fois la BB (qui est la relance standard). En effet que vous misiez plus ou moins cela aura le même effet (les joueurs adverses ne vous affronteront qu’avec de bonnes mains), mais vous économiserez un peu de jetons chaque fois qu’ils vous relanceront.

Quelques règles pour savoir quoi faire si l’on vous sur-relance à tapis :

  • Si votre adversaire dispose de moins de 10% de votre tapis vous pouvez suivre avec presque toutes les mains. Ici suivre avec n’importe quelle main peut s’avérer être un bon investissement, car si votre table vous à vu suivre avec 10 et 3 vous allez passer pour le fou qui suit tout et vous pouvez être sur qu’il ne s’amuserons pas à vous sur-relancer avec n’importe quoi.
  • Si vous êtes face à un tapis moyen qui vous sur-relance beaucoup vous pouvez tenter de jouer des coups à pile ou face avec des paires comme 10 10 et mieux et des mains comme AQ et mieux.
  • Dans le cas d’un tapis qui est du même ordre de grandeur que vous, jouez de manière plus prudente. S’il vous a montré qu’il était assez sage et qu’il ne jouait que très peu de mains, il est même envisageable de coucher AK.

En Conclusion

Il est important de garder à l’esprit quelle est la taille de notre tapis par rapport aux autres et d’adapter notre manière de jouer comme nous l’avons décrit plus haut. Dans chaque situation il y a plusieurs manières de jouer selon la taille de notre tapis.

Comment jouer votre début de tournoi

En début de tournoi vous allez vous retrouver avec un tapis assez gros comparé au blindes. Par exemple : vous disposerez de 1500 jetons et les blindes sont de 10/20.

Voyons pour commencer un outil indispensable tout au long du tournoi : le « M ».

Le M

Un concept important pour évaluer votre tapis est de calculer combien votre tapis représente de blindes. Ici: 1500 divisé par 20+10 soit votre tapis contient 50 blindes. C’est équivalent a dire que vous pouvez survivre 50 tours sans jouer un seul coup. On appelle cela le « M » de Magriel Paul son inventeur, ici votre M est de 50.

M=Tapis divisé par toutes les mises obligatoires

Voici les zones basiques dans lesquelles vous allez vous retrouver:

  • ZONE VERTE: M > 20
    C’est une zone confortable. Typiquement celle en début de tournoi. Ici vous pouvez jouer n’importe quel style de jeu: conservateur ou au contraire jouer beaucoup de mains.
  • ZONE JAUNE: 11 < M < 20
    Ici le style ultra conservateur n’est plus permis. Vous allez être obligé de jouer plus de mains. A ce stade vous pouvez encore faire des relances de votre choix.
  • ZONE ORANGE: 6 < M < 10
    Vous êtes dans une zone critique, celle qui fera souvent la différence entre les bons et les autres. A ce stade voler les blindes devient intéressant : lorsque vous êtes en petite blinde et que personne n’a misé vous devriez faire tapis avec n’importe quelle main. Ici les bons joueurs conseillent de ne relancer que d’une seule manière: « ALL IN ». Vous allez faire tapis ou jeter votre main: « Push or Fold ».
  • ZONE ROUGE: M < 5
    Vous venez de perdre un gros coup et il ne vous reste plus grand-chose, mais au poker rien n’est jamais perdu. Dans cette zone c’est toujours du Push or Fold. La grosse différence est que votre tapis n’impressionne plus grand monde. Ici il est important de ne pas attendre un jeu fort pour mettre son tapis.

Nous commencerons donc notre tournoi comme tous les autres joueurs dans la zone verte. Ici il est bon pour ceux qui ne sont pas des experts de jouer peu de mains. Le but à ce stade est de jouer des cartes avec du potentiel comme des petites paires mais surtout pour pas cher.

Bien sûr si vous trouvez une paire d’as il faut essayer de faire grossir le pot un maximum.
ATTENTION cependant, si vous avez par exemple KK ou QQ, qu’une personne fait tapis et que quelqu’un suit vous pouvez envisager de vous coucher, à moins que ces joueurs aient montré qu’ils jouaient de façon très agressive ou peu réfléchie.

Ici il ne sera pas rentable de jouer des coups à pile ou face. Si vous avez AK et que quelqu’un met tapis avant le flop il est plus rentable de se coucher.

Le maître mot en début de tournoi est donc la patience, trouver de bonnes situations pour gagner de petits pots qui ne semblent intéresser personne, jouer des cartes spéculatives et n’engager pas une bonne part de votre tapis sans une main très solide.